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Chaque homme sur terre, dès qu’il commence à croire en Dieu, a une mission

J’ai écrit, il y a quelques temps, un petit document pour faire réfléchir (c’est mon rôle). Il faut que chacun puisse, à partir de ce texte, recueillir ce qui lui est nécessaire pour vivre.
J’ai donc écrit cette petite lettre sur la mission. Ce que vous avez dit ce matin avec des mots, des expressions différentes, c’était profondément le souci qui est le mien : de redire à l’Eglise qu’elle est mission, que chaque homme sur terre, dès qu’il commence à croire en Dieu, a une mission, a une carte à jouer, a une place à prendre.

Quels sont les messages qui sont importants dans cette mission ? Qu’est-ce qui est important pour moi, pour ce que vous faites, pour ce que vous êtes ?

Le chrétien aujourd’hui a une mission à remplir qui est de dire que tout être est sacré, que tout être est habité par Dieu. Chaque personne vaut plus que ce qu’elle fait, vaut plus que ce qu’elle gagne, vaut plus que ce que l’on peut voir d’elle.
Il y a quelques semaines, nous méditions sur la passion du Christ, défiguré, le Christ n’avait plus de visage. Il y a des hommes aujourd’hui, dans notre temps, que nous côtoyons, qui n’ont plus de visage et pourtant ils nous sont proches.

La 1ère mission de l’Eglise, du chrétien est de dire que chaque être est sacré, on ne doit pas y toucher, il est plus grand que ce que l’on peut connaître de lui, car il appartient, il est habité par Dieu. Un jour, Dieu est venu le rejoindre et a pris son visage.
Il faut le dire, pas simplement avec des mots et des discours mais au quotidien, il faut le redire à des êtres qui sont à côté de la route, leur dire qu’il y a de la place pour eux dans la Caravane.

C’est pour cela que l’Eglise a vocation de rassembler tout le monde. Dans l’Eglise, il n’y a pas d’exclus ou alors ce n’est plus l’Eglise.
L’Eglise, c’est le lieu ou chaque être est considéré comme sacré et on doit le considérer comme sacré. L’Eglise, c’est le lieu où l’on va prendre soin de ceux qui sont défigurés. L’Eglise n’est plus l’Eglise si on ne donne pas la première place à ceux qui ont la dernière.
Et c’est ce travail qu’il faut sans cesse reprendre, car c’est un travail de conversion et ce n’est pas facile de changer de perspective quand on est dans une autre logique.

Les derniers seront les premiers.

Ce message est difficile à vivre, mais l’Eglise doit le redire. Dans la démarche qui est la vôtre, vous essayer de vivre ce message, vous essayer de montrer que c’est possible. Ce n’est pas qu’illusion, rêve, cela se vit déjà, cela se réalise et cela entraîne les autres à changer leur propre regard et à aussi mettre en œuvre ce message.

Le deuxième message de notre mission est de dire que non seulement l’homme est un être sacré depuis sa conception jusqu’à sa dernière heure sur terre, mais nous sommes tous frères. Jean-Paul est absent physiquement, il est mort mais il est présent d’une autre manière parce qu’il est sacré, parce que Dieu qu’il a rejoint a rendu sa vie présente. Nous sommes entourés d’amis qui sont morts (sœur Madeleine) et qui sont mystérieusement présents en Dieu, à cause de Dieu. Parce qu’un jour Jésus Christ a vaincu la mort, tous ceux qui sont morts nous entourent, nous encouragent, nous entraînent dans une nouvelle présence, dans une nouvelle vie.

Nous sommes tous frères, on est relié les uns aux autres. On ne peut pas s’en sortir tout seul. C’est cela la Caravane, elle résume bien ce rassemblement du mouvement, nous sommes une famille, une communauté, nous sommes solidaires les uns des autres, on se donne la main, on fait une chaîne pour aller tout en haut de la montagne pour être veilleur. Lorsque l’on gravit une montagne, on est lié les uns aux autres par une corde.

Il faut donc découvrir cela et surtout le vivre. C’est cela le message de l’Eglise. Il y a une solidarité, une fraternité. Notre monde souffre de fractions, de divisions. Il y a les différentes races, ceux qui sont noirs, ceux qui sont blancs, il y a la langue, il y a ceux qui savent s’exprimer et ceux qui ne savent que leur langue maternelle, il y a différents quartiers : quartier de riches et quartier de pauvres. Notre monde est conçu à partir de divisions, de fractionnements. Le message de l’Eglise est tout autre : nous sommes tous solidaires. Nous sommes tous dans la même barque, attelés à la même tâche. Nous sommes tous frères, car nous avons un seul père qui pose sur nous un regard à la fois personnel et communautaire. Nous formons une seule race et nos différences sont source de richesses. Nous avons besoin des autres car ils peuvent toujours nous apporter quelque chose qui nous est indispensable. Celui qui est riche peut nous apporter ses biens, celui qui est pauvre, sa liberté. Celui qui a été brisé par la vie peut nous apporter la délicatesse de son cœur et celui qui a été protégé, sécurisé peut nous apporter cette confiance, cette assurance qu’il a reçue. Nous sommes conduits à partager les uns, les autres ce que nous avons reçu et cette expérience vécue que souvent l’Eglise porte comme un cadeau extraordinaire qui ne lui appartient pas, car c’est un cadeau de Dieu et en même temps collectif. Il faut montrer que chaque être est indispensable, il n’y a personne de trop sur la terre et en même temps nous sommes tous frères.

L’Eglise a aussi un message de foi : Dieu est présent. Dieu est là. Cela nous dépasse, on est parfois saisi par l’émotion, quelque chose de grand. Le plus souvent, on ne se rend pas compte : Dieu est là. Dans les moments les plus durs : Dieu est là. Pouvoir se le dire les uns aux autres : Dieu est là, il te connaît, il sait où tu en es.

Un autre message : il n’y a pas de situations désespérées, la porte n’est pas fermée pour toujours et à jamais, il y a toujours une espérance. On en doute quand on voit toujours les mêmes qui tombent, que l’on ne peut pas sortir du malheur. Il y a toujours quelque chose à faire, le monde peut bouger, évoluer.

Il y a 20 ans, quand le mur de Berlin est tombé, personne ne l’aurait cru. Il y a des personnes dont on a l’impression qu’elles s’en sortiront jamais touchées par l’alcool, la drogue, … et puis à un moment précis, on est touché par quelqu’un, par quelque chose.

Le chrétien a pour mission de dire au monde que devant tout trou fermée, une petite brèche pourra s’ouvrir. Le Chrétien croit en l’amour, il a l’espérance même si parfois ses espoirs sont déçus, il sait qu’il y a toujours quelque chose à faire. Ce n’est pas facile d’aimer, parfois on passe par des déserts (comme la Caravane), par des aridités. La seule façon d’être heureux, c’est d’aimer, se laisser aimé, donner l’amour. On ne peut pas être heureux tout seul. On ne peut pas être heureux tout seul et avoir du plaisir. Etre heureux, c’est communiquer aux autres ce qui nous fait vivre. On rend les autres heureux et le monde est meilleur.

Dans la 2ème partie, je voudrais reprendre des points que j’ai entendu et puis, vous pourrez repartir avec l’envie d’être missionnaire.

Il faut que vos expériences soient largement diffusées dans les communautés paroissiales. Il ne faut pas que cela soit une expérience partagée à quelques uns.
Déjà, il y a des choses qui se font. On a déjà parler des tables jubilaires qui se font dans différents lieux (12 actuellement).
Cette expérience de cadeau que vous a fait le Seigneur en vivant ce que vous vivez (on est émerveillé) que vous puissiez le communiquer à l’ensemble de la vie de l’Eglise, à l’ensemble des communautés chrétiennes.

Je rêverais que dans chaque paroisse, il y ait des tables jubilaires, je rêverais que l’ensemble de la Caravane de l’Espérance aille de paroisse en paroisse. Parfois, il faut des rêves pour la réalité se vive.
Donc 1er souci, on va réfléchir ensemble : que cette expérience qui vous rassemble puisse profondément s’intégrer à la vie de l’Eglise. L’Eglise en a besoin, l’Eglise a besoin de s’ouvrir pour ne pas ressembler à un ghetto qui rassemble des convaincus de moins et moins nombreux et plus en plus vieillissants et vous avez besoin de l’Eglise parce qu’elle n’est pas d’abord une institution, mais une famille où on trouve Jésus-Christ et où on découvre que Dieu est Père. Parce qu’il y a ce besoin mutuel des uns et des autres, il faudra que l’on trouve les moyens que cette expérience se diffuse plus largement au cœur de nos communautés paroissiales.

Second souci : qui rejoint un peu ce que vous faites et que je vois comme un point de préparation. On a parlé de Caravane de l’Espérance, je parlerais moi aussi de Caravane de la Mission. Je souhaite pour que notre Eglise soit ouvert à Dieu, aux autres, au monde (elle a une parole à dire aux hommes, aux femmes de notre temps, qui sont nos contemporains), que vous participiez à cette caravane de la Mission en apportant ce qui est explicitement vécu au sein de la caravane de l’Espérance. Il faut que ce soit une commune caravane qui redonne le goût de la mission de témoigner au monde le message de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ et dont nous sommes porteur, chacun avec notre part, notre manière de le dire, de l’exprimer. Comment peut-on faire cette expérience dans le cadre de la caravane et de la mission ?

Je souhaite aussi que vous puissiez trouver des moments comme ceux là. J’ai été 6 fois dans le désert. Je suis parti sur les traces de Charles de Foucauld, on a marché une vingtaine de jours, on avait très froid la nuit (+ de 2000m), on était accompagné par des touaregs, on marchait en caravane. On pouvait marcher 6 heures, mais il fallait faire des pauses.

La Sainte Baume est pour vous un oasis. Dans cette marche, qui recueille de nombreuses personnes qui sont marquées par la vie, il me semble important qu’il y ait des oasis. On se restaure, on reprend des forces, on regarde le chemin parcouru (comme les pèlerins d’Emmaüs). On prend conscience que quelqu’un que vous ne connaissiez peut être pas vous a préparé la route et puis on marque le cap. On va avec nos boussoles essayer de voir dans quelle direction avancer. Il est très important de rythmer notre vie par des moments d’oasis, pour repartir et non pour rester sur place.

Les trois engagements que prennent les membres de la fraternité St Laurent :
– Le 1er engagement, c’est de participer à la diaconie diocésaine du Var, en s’efforçant d’y développer un climat de communion fraternelle et d’entraide spirituelle.
– Le 2ème est de considérer le Christ serviteur, comme son guide et son compagnon de route et le suivre humblement sur les chemins du témoignage, du service et de la prière.
– Le 3ème est d’aider, avec les autres membres de la fraternité Saint Laurent, notre Eglise locale à toujours mieux assumer sa vocation évangélique au service des pauvres et des exclus pour plus de justice et de paix.

(extraits de l’intervention de Mgr Rey lors de la retraite spirituelle des Caravaniers de l’Espérance et de la Fraternité Saint Laurent, à la Sainte Baume)

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