Art sacré « L’amour de Dieu passe à travers le regard »

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Montrer l’invisible en le rendant visible, tel est le rôle de l’artiste lorsqu’il peint un tableau d’art sacré. Tiphaine de Tarlé, artiste dracénoise nous fait part de son regard sur ce type de productions artistiques à travers ses œuvres.

Dès sa plus tendre enfance, Tiphaine a toujours voulu peindre ; passer son baccalauréat ne l’intéressait pas. Toutefois, souhaitant connaitre l’art, elle sort diplômée de l’École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art (ENSAAMA), puis poursuit ses études en Histoire de l’art. À ses yeux, il était essentiel de connaître l’art ancien afin de poursuivre l’art contemporain. Issue d’une famille croyante, à l’âge de 20 ans, Tiphaine se pose la question de l’existence de Dieu. « J’ai vécu ma conversion après une retraite. Je me demandais si Dieu existait ; je pensais que chacun avait sa propre vérité. Mais j’ai alors compris qu’il n’y a qu’une seule vérité : celle que Dieu existe », confie-t-elle. La jeune femme poursuit sa voie et se rend compte, après plusieurs échanges avec des artistes chrétiens que « chaque chrétien qui peint voudrait que sa spiritualité se reflète dans son art afin d’exprimer sa foi. Que ce soit dans la musique ou la peinture, l’artiste chrétien a pour but de montrer l’invisible en le rendant visible ».

Après ses études, Tiphaine s’intéresse à l’art sacré, en particulier les portraits de saints, puis de Jésus. Avant d’entamer son premier tableau, elle a demandé à un prêtre : « Comment faire de l’art sacré ? » Ce dernier lui a répondu que « dans un tableau, on doit pouvoir voir le bon, le vrai, le beau ». La jeune artiste précise : « J’essaie de montrer le beau car Dieu est la beauté même. L’aspect esthétique est important dans un tableau ; il ne va vraiment transmettre le message qu’à cette condition. C’est aussi ce qui attire naturellement les enfants ».

L’autre aspect essentiel cité par l’artiste est celui missionnaire : « L’enjeu du peintre est de faire rejaillir sa foi sur ses toiles, car les gens ont soif d’art et de spiritualité, c’est un moyen d’être missionnaire. L’artiste exprime sa gratitude à son Créateur dans ses toiles, au fil des nombreux ouvrages qui lui sont confiés : tableau des Minimes avec la peinture murale de la sacristie, restauration de statues de l’église Saint-Michel, tableaux de saints tels que saint Joseph, saint Antoine de Padoue, sainte Jeanne d’Arc, sainte Hiledegarde, couture de vêtements liturgiques, de costumes pour le chemin de Croix en extérieur de Draguignan (sauf costumes romains), ou encore membre de la chorale ».

Un troisième aspect que note la jeune artiste est un souffle nouveau, c’est-à-dire un intérêt grandissant pour l’art chrétien contemporain qui a fait entendre sa voix ; c’est une réelle évolution. Elle l’a constaté notamment en côtoyant François Pelletier, « qui a beaucoup aidé les artistes chrétiens ; il est un peu le chef de file des artistes catholiques d’aujourd’hui. [Je m’aperçois] que l’art chrétien se renouvelle, parce que la foi se renouvelle, les gens ne sont plus aussi fermés à l’art chrétien, l’art sacré. [On voit] un élan des baptisés avec un regain de liberté, et un nouveau regard », partage Tiphaine.

 

Ce souffle nouveau accompagne sans cesse la jeune femme, ce qui lui permet de faire ce qu’elle préfère : concevoir, penser un tableau avant de le poser sur la toile. « J’aime imaginer comment je vais construire le tableau, quelles techniques je vais utiliser, et où mettre quoi : huile, acrylique, encre, feutre, pastels, peintures à effets, glacis*, feuille d’or. C’est vraiment cette longue étape de conception intellectuelle qui me nourrit ».

Tout ce parcours d’artiste ne s’est pas fait sans rencontrer de difficultés. En effet, explique Tiphaine de Tarlé : « la difficulté principale est la solitude, car on passe beaucoup de temps seul à peindre dans son atelier. Pour pallier cela, je donne des cours de peinture chez moi, au sein d’une association, ou encore à la prison de Draguignan. La non-reconnaissance peut être difficile aussi parfois. Lorsque quelqu’un n’aime pas du tout ce que vous faites, cela arrive, il faut l’accepter et écouter pour avancer ».

Ce que l’artiste préfère peindre, ce sont les portraits de saints. « Je les prie avant et pendant que je peins leur portrait, un peu comme pour les icônes, même si cela reste différent. Selon moi, on ne peut pas faire de l’art sacré sans prier mais c’est un avis personnel. Le travail de recherches sur les saints me permet de mieux les connaître et de comprendre qui ils sont, car chaque saint reflète à sa manière un aspect de la beauté de Dieu. J’essaie de faire ressortir dans mes toiles leur éclat personnel, au travers de l’œil, qui est la fenêtre de l’âme ».

Toutefois, les portraits de Jésus restent les plus transparents dans leur regard. « Lorsque j’ai peint le premier portrait du Christ, je n’avais pas encore peint l’intérieur de l’iris. J’étais incapable de savoir la couleur. C’est à la fin que je me suis aperçue que c’était vraiment bien ainsi. On m’a dit récemment qu’en laissant neutre la couleur de l’iris, cela permettait que chacun puisse y voir la couleur du regard du Christ selon sa propre expérience de foi : certains verront par exemple du bleu, d’autres du vert clair. Ce tableau du Christ a été très rapide à réaliser. J’ai prié Jésus, et me suis laissée porter par l’Esprit-Saint. Je me suis alors mise à peindre d’une traite sans réfléchir. C’était étonnant, je me suis sentie guidée d’un seul coup, d’un souffle. Je trouve que le regard est essentiel car on voit beaucoup l’âme des gens à travers leur regard ; il reflète leur personnalité, en particulier celui du Christ, qui est très transparent. En effet, l’amour de Dieu passe à travers le regard : « Jésus entra à Jérusalem, dans le Temple. Il parcourut du regard toutes choses » (Marc 11,11), « Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux » (Mc 6, 34), « Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima » (Mc 10, 21). Par conséquent, il est bon d’habituer notre œil à regarder les choses saintes, en particulier l’art sacré dont la finalité est de rendre visibles les choses invisibles ».

Les prochains projets de tableaux de Tiphaine de Tarlé sont l’arche ange Saint Michel, et Bethsabée.

> Découvrez l’intégralité des œuvres de Tiphaine de Tarlé sur son site : www.tiphainedetarle.com

*Glacis : technique qui consiste à poser sur une couche déjà sèche, une fine couche colorée transparente et lisse.

 

Publié le 28.04.2026.

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