Il voulait devenir ingénieur, il est le nouveau curé des paroisses de Saint-Raphaël

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Étudiant aux Arts et métiers, il voulait devenir ingénieur; sa vocation en a décidé autrement. Don Marc-Antoine, nouveau curé des paroisses de Saint-Raphaël, dévoile son credo.

On lui donnerait le bon Dieu sans confession, à ce Don Marc-Antoine Croizé-Pourcelet. Le sourire rivé aux lèvres.

Les yeux hypnotiques. De sa barbe, à la naissance d’une mèche chaloupée, les fils d’argent font miroiter l’aube de la quarantaine.

Le nouveau curé des paroisses de Saint-Raphaël est de retour dans la cité de l’Archange, une ville où il a été diacre pendant neuf ans.

Successeur de Don Stéphane, il répond en souriant aux “bienvenue” des fidèles. Rappelle avec chaleur les principes de vie de la communauté Saint-Martin, implantée ici depuis trois décennies, à laquelle il appartient.

“Le climat du sud de la France est plus dévot”

Son regard dit, mieux encore que les mots, son plaisir de retrouver cette “terre que je connais et dont j’aime les habitants”.

Une nouvelle mission qu’il aborde avec satisfaction dans “ce climat religieux unique.” Où il retrouve cette ambiance trinitaire qu’il loue : “ecclésiale, moderne, porteuse”.

Don Marc-Antoine y trouve un terreau propice à enraciner son sacerdoce.

“Le climat du sud de la France es naturellement plus dévot, assure-t-il. C’est agréable.”

La parole de Dieu pour donner du sens à l’existence: tel est son viatique. Son ambition?

“Prendre soin des habitants du territoire, contribuer à la vie des citoyens et à la paix sociale” lâche-t-il en extirpant ces mots d’un horizon qu’il fixe en silence.

Dans les pans voletants de sa soutane, il partage la nature besogneuse du colibri: lui aussi, veut faire sa part.

Chargé d’une foi en des vertus essentialistes posées par les écritures de Saint Ignace de Loyola qui dorment dans la bibliothèque de son bureau.

Pour ce benjamin des cinq enfants d’une famille pieuse, implantée à Sèvres en région parisienne, la vie n’est pas une liturgie monocorde.

“Étudiant ingénieur aux Arts et métiers, j’ai mené une vie étudiante magnifique : de joie, d’amis, d’engagements, de fête”, confesse-t-il.

Science et religion? Un mariage de raison, jure-t-il, avec en partage “une méthode de travail très rationnelle”.

Aucune contradiction, à ses yeux, entre prospective physique et quête métaphysique.

“J’ai eu la grâce d’aimer le Seigneur”

Il s’est engagé corps et âme dans le chemin de joie du séminaire. Huit ans durant.

Mettre au jour le mystère de sa vocation religieuse? Ne citant que “la grâce” pour responsable de son choix cardinal, il escamote la causalité.

Tout juste évoque-t-il, avec pudeur, diverses rencontres dont il tait l’identité. Opposant une “intimité”, sibylline, il élude finalement la question.

Comme toute vocation, la sienne se forge dans l’admiration des pères… et par les enseignements des Saints.

“Un berger est peu de chose sans ses brebis”

Les siens sont “dispersés sur 3 000 ans”.

S’il ne devait en citer qu’un, ce serait “Saint Thomas d’Aquin”, qui a su édifier en son for intérieur “une cathédrale de la pensée”.

Question carrière, si le plan A avait périclité, il y avait bon nombre de plans B.

“Oh, il y a plein d’activités que j’aurais aimé exercer”, s’épanche-t-il, en versant le visage sur l’épaule.

Comme s’il tendait l’oreille à ce que lui souffle son passé, avant de le ramener dans le sillage du présent dans un revirement de nuque.

Le métier qu’il aurait placé en tête de ces choix alternatifs peut toutefois paraître insolite: “Redresser des entreprises en difficultés, pour redonner de la valeur aux personnes et aux biens”.

Les planètes semblent s’aligner pour amalgamer ses volontés.

Il souhaite aujourd’hui fédérer la communauté des croyants, catholiques ou non, “qui aiment Jésus”.

Le prêtre cherche ses disciples. Car un berger est peu de chose, glisse-t-il, sans ses brebis.

Considérant inepte les conjectures sur le devenir proche du catholicisme – “je ne suis pas prophète “ –, il prêche toutefois pour une approche “ambitieuse, spirituelle et modeste”.

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