Saint Pie X : il y a 103 ans.

Il y a cent trois ans, le 20 août 1914, dans la nuit des hommes et du monde, le pape saint Pie X s’endort vers la lumière du Père. Le 21 août est célébrée la mémoire liturgique du premier saint pape du XX° siècle.

Il se disait lui-même fils de la terre, bien que ses parents ne soient pas paysans.

Au fur et à mesure qu’il occupait des fonctions de plus en plus haute dans la hiérarchie des diocèses de Vénétie[[Originaire du diocèse de Trévise, il fit son séminaire à Padoue, puis fut incardiné dans son diocèse originel de Trévise où il occupa successivement toutes les fonctions sacerdotales : vicaire, curé, chanoine, professeur de séminaire, vicaire général; il fut ensuire évêque du diocèse voisin de Mantoue, puis, après avoir été créé cardinal par Léon XIII, il fut nommé patriarche archevêque de Venise, fonction qu’il occupait lorsqu’il fut élu pape au conclave de l’été 1903. Il n’occupa jamais aucune fonction de Curie vaticane ou de nonciature avant d’être appelé au siège de Pierre.

]], il se trouvait de plus en plus indigne d’accomplir ce que le Seigneur lui demandait, et la Croix devenait de plus en plus lourde à porter. “Comme je voudrais redevenir simple vicaire comme je l’étais à Salzano”, répétait-il souvent.

Il fut toute sa vie un être de charité passionnée, et un amoureux inconditionnel de l’Eucharistie. Une intelligence hors du commun servit ses vertus dans les occasions les plus humbles comme dans les postes les plus élevés de la hiérarchie catholique.

Sa devise “Tout restaurer dans le Christ (Instaurare omnia in Christo)”, s’appliquait à tous et à toutes choses. Il l’avait mise en pratique pout lui-même; le garçon et l’adolescent vif, peut-être même à la main leste (qu’il eut encore dans ses premières années de sacerdoce), devint cet homme unanimement reconnu pour sa douceur et qui transmettait par son regard et son comportement un indicible sentiment d’amour paisible.

Il appliqua aussi cette devise à son gouvernement de l’Eglise. Il est, aujourd’hui enfin, reconnu comme un grand pape réformateur qui, dans tous les domaines de sa compétence, mit l’Eglise sur les rails du XXième siècle, la gardant des erreurs ou des hérésies que portait avec lui le début du siècle et la fin du précédent.[[L’image de saint Pie X a souffert de trois excès qui ont masqué la réalité de l’homme, du pontife, et de leur œuvre.

D’abord, son panégyrique orienté vers la décision de canonisation le montra comme un bon pape, populaire et gentil, simple, comme un curé de campagne qui se serait vu imposer la tiare sans trop l’avoir méritée; cette image n’est pas totalement fausse, mais très partielle en occultant presque totalement le gouvernement de l’Eglise qu’il assura pendant 29 ans si l’on inclut l’épiscopat de Mantoue et le patriarcat de Venise avant le pontificat suprême.

Ensuite, il lui fut attribué l’image, qui devint vite désastreuse, du Pape intransigeant, rigide, excessif, sans pitié, qui lutta contre le “modernisme” (et le vainquit). Et il fut facile à certains de faire la même présentation de son intransigeance lorsqu’il eut à traiter des “séparations” entre l’Eglise et les états, notamment en France en 1905. Ce visage dérangeant d’un pape excessif et sans miséricorde (!) perdura de longues années.

Enfin, le choix de son patronage par Mgr Lefebvre et la création de la FSSPX “intégriste”, assez en accord avec les thèses du paragraphe précédent, ajoutèrent à la confusion. Saint Pie X devenait un pape rétrograde, fondamentaliste, etc.

Les auteurs modernes, depuis notamment Yves Chiron à la fin des années 90, présentent aujourd’hui des travaux historiques de haute teneur qui montrent indubitablement que saint Pie X fut un grand réformateur de l’Eglise. En complément de ses vertus personnelles qui l’ont porté à la canonisation, les mérites de son œuvre pontificale réformatrice et novatrice sont des éléments importants pour connaître son histoire et l’histoire de notre Eglise aujourd’hui.

Parmi les ouvrages récents, publiés notamment à l’occasion du centenaire de la mort de saint Pie X, on citera particulièrement : “Pio X, alle origini del cattolicesimo contemporeano” (Pie X, aux origines du catholicisme contemporain), de Gianpaolo Romanato, Edizioni Lindau, avril 2014 (en langue italienne uniquement).

]]

Il avait eu l’intuition de combien serait terrible et dramatique le conflit qui couvait dans les Balkans, mais aussi dans toute l’Europe depuis déjà plusieurs années, voire décennies. La diplomatie vaticane fut impuissante devant la vanité des hommes et le déclenchement de la guerre, qu’on n’appelait pas encore mondiale, fut pour le Pape une terrible épreuve qui amplifia encore les douleurs quasiment physiques que ses pressentiments funestes lui avaient occasionnés.

Quelques jours après le déclenchement du grand conflit, un embarras pulmonaire mit fin à son chemin de Croix, comme il usait à qualifier sa vie sacerdotale, épiscopale et pontificale.

Ce 20 août 1914, le monde perdait un grand homme, l’Eglise perdait un grand pape, le Ciel recevait un grand saint.



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