Mot de père Christian – Laissez-vous réconcilier avec Dieu

Revenez à moi de tout votre coeur !

Grandir

Nous voici, frères et soeurs, au début du Carême.

« Déjà ! », nous disons-nous.

Eh oui ! Voici que s’ouvre devant nous ce saint temps des quarante jours où nous sommes conduits au désert pour grandir : grandir dans la foi et dans l’amour, grandir dans notre attachement au Seigneur et dans l’amour fraternel, grandir dans la sainteté des enfants de Dieu.

Ce désert est celui du Christ qui, après son baptême au Jourdain et poussé par l’Esprit, a connu la tentation et en est ressorti victorieux pour nous ; c’est aussi celui d’Israël qui, après sa libération de l’esclavage en Egypte, a été éprouvé avant d’entrer en terre promise ; c’est encore celui dont parle le prophète Osée : « C’est pourquoi voici, je veux l’attirer et la conduire au désert, et je parlerai à son coeur » (Os 2,14).

Nous sommes conduits au désert pour que Dieu parle à notre coeur et renouvelle son alliance avec nous.

Choisir

Ce temps du désert est un temps de purification, de maturation, un temps de choix. Car fondamentalement, aimer, c’est choisir !

Bibliquement, l’élection est l’expression de l’amour.

De la même manière, poser le choix de Dieu dans notre vie bien concrète doit être pour nous, avant d’être une question morale ou sociale, l’expression de notre amour pour lui.

Poser le choix de Dieu, ce n’est pas une affaire de sentiments, c’est une histoire d’Amour !

Le choisir comme essentiel implique inévitablement d’autres choix, car si l’amour nous pousse à lui dire un grand « oui ! », cela nous pousse aussi à dire des « non ! », qui nous coûtent peut-être, mais qui pourtant sont plus petits face à la grandeur du « oui » à l’amour de Dieu !

C’est l’expression d’une préférence : « non seulement je t’aime, Seigneur, je veux t’aimer, mais surtout je veux te préférer à ce qui n’est pas toi ou ce qui m’éloigne de toi ! ».

C’est, finalement, un « oui » nuptial que nous sommes invités à redire tout au long de ce Carême, comme un reflet de celui que nous devons redire tout au long de notre vie.

Les trois “P”

Ce choix préférentiel pour Dieu s’exprime et se construit dans la pénitence, le partage et la prière, les trois « P » !

La pénitence et le jeûne stimulent notre volonté pour aimer Dieu plus que tout autre bien, et à incarner cet amour dans toutes les fibres de notre être ; c’est reprendre conscience que Dieu est nourriture de notre vie ; c’est reprendre conscience de ce que veut dire « j’ai faim » lorsque je dis à Dieu : « j’ai faim de ta présence, de ta parole, de ta grâce… ».

Se nourrir aussi de la Parole de Dieu, comme par exemple en participant à la lectio du Jeudi soir peut être un soutien au jeûne « physique ».

Le partage et l’aumône stimulent notre capacité à donner et à se donner soi-même, nous décentrant de nous-mêmes ; notre frère devient alors une icône de Celui qui nous a tout donné. Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir !

Pourquoi ne pas profiter du carême pour visiter des personnes seules, malades, ou dans le besoin ?

La prière stimule toute notre vie spirituelle, et nous aide à lutter contre la tentation, en découvrant que Dieu est mon seul appui. D’où la nécessité, plus que jamais, de profiter du Carême, pour s’engager dans l’adoration du Saint Sacrement par exemple.

Alors, entrons avec joie dans ce temps de conversion, dans ce temps de choix, en étant certains que c’est un temps de grâce. Comme nous le rappelle Saint Paul : « Ne laissons pas sans effet la grâce de Dieu ! »

Bon et saint carême à tous !

Message du pape François pour le Carême en 2016 (extrait)

« Pour tous, le Carême de cette Année jubilaire est donc un temps favorable qui permet finalement de sortir de notre aliénation existentielle grâce à l’écoute de la Parole et aux oeuvres de miséricorde. Si à travers les oeuvres corporelles nous touchons la chair du Christ dans nos frères et nos soeurs qui ont besoin d’être nourris, vêtus, hébergés, visités, les oeuvres spirituelles, quant à elles, – conseiller, enseigner, pardonner, avertir, prier – touchent plus directement notre condition de pécheurs.

C’est pourquoi les oeuvres corporelles et les oeuvres spirituelles ne doivent jamais être séparées. En effet, c’est justement en touchant la chair de Jésus Crucifié dans le plus nécessiteux que le pécheur peut recevoir en don la conscience de ne se savoir lui-même rien d’autre qu’un pauvre mendiant. Grâce à cette voie, « les hommes au coeur superbe », « les puissants » et « les riches », dont parle le Magnificat ont la possibilité de reconnaître qu’ils sont, eux aussi, aimés de façon imméritée par le Christ Crucifié, mort et ressuscité également pour eux.

Cet amour constitue la seule réponse à cette soif de bonheur et d’amour infinis que l’homme croit à tort pouvoir combler au moyen des idoles du savoir, du pouvoir et de l’avoir. Mais il existe toujours le danger qu’à cause d’une fermeture toujours plus hermétique à l’égard du Christ, qui dans la personne du pauvre continue à frapper à la porte de leur coeur, les hommes au coeur superbe, les riches et les puissants finissent par se condamner eux-mêmes à sombrer dans cet abîme éternel de solitude qu’est l’enfer. C’est alors que résonnent à nouveau, pour eux comme pour nous tous, les paroles ardentes d’Abraham : « Ils ont Moïse et les Prophètes, qu’ils les écoutent ! » (Lc 16,29).

Cette écoute agissante nous préparera le mieux à fêter la victoire définitive sur le péché et sur la mort de l’Epoux qui est désormais ressuscité, et qui désire purifier sa future Épouse dans l’attente de son retour.

Ne laissons pas passer en vain ce temps de Carême favorable à la conversion ! Nous le demandons par l’intercession maternelle de la Vierge Marie, qui, la première, face à la grandeur de la miséricorde divine dont elle a bénéficié gratuitement, a reconnu sa propre petitesse (cf. Lc 1,48) en se reconnaissant comme l’humble Servante du Seigneur (cf. Lc 1,38). »

Du Vatican, 4 octobre 2015 – Fête de Saint-François d’Assise

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