Le retour de la dévotion des reliques, un signe pour notre temps ?

Négligées durant plusieurs décennies, les reliques reviennent de façon inattendue sur le devant de la scène, comme si leur dévotion était un message pour notre temps. Dès sa nomination d’archiviste diocésain en 2015, l’abbé Stéphane Morin s’attelle à répertorier ces nombreux trésors oubliés, en lien avec la Commission diocésaine d’Art sacré et la Chancellerie. Un travail de fourmi qui concerne quelque 200 reliques du dépôt diocésain, alors que les registres du début du XIXe siècle en mentionnaient près d’un millier dans le Var…

 

La dévotion des reliques à travers l’histoire

Les reliques connaissent une histoire mouvementée. Les premières sont probablement celles de la Passion du Christ : Saint Suaire, bois de la croix, couronne d’épines sont conservés et vénérés dès la plus haute antiquité, même si cette tradition ne peut être intégralement prouvée par des textes. Mais c’est à partir du IIe siècle que le culte des reliques se développe véritablement avec celui des martyrs, les chrétiens célébrant traditionnellement des messes sur les tombes de ces derniers. C’est pourquoi lors de la construction des églises, des reliques de martyrs sont placées dans l’autel. Avec le Moyen-Âge et la période tridentine, les reliques connaissent un âge d’or : la taille et la richesse de leurs reliquaires en témoignent. Malheureusement au moment des guerres de religion, elles sont nombreuses à être détruites ou profanées. Pendant la Révolution française, les reliques sont cachées, certaines sont perdues. Au XXe siècle, le rationalisme ébranlera profondément leur dévotion traditionnelle. Un récent regain surprend toutefois l’Église… « Nous n’arrivons pas à nous expliquer ce phénomène de façon purement naturelle, indique l’abbé Morin. Notre rôle est d’accompagner cette piété pour répondre aux attentes des fidèles et de la Providence ».

 

Un signe pour notre temps

Pour l’archiviste diocésain, les reliques interrogent notre temps, en nous rappelant la pauvreté de notre condition humaine : « De façon plus marquée en période de Carême, elles sont l’occasion de penser aux fins dernières. Face à des ossements, nous nous retrouvons naturellement confrontés à la question de notre propre mort et du sens de la vie. » Un appel à la conversion qui parle d’humilité, de foi et d’espérance. L’abbé Morin décrypte : « Pour moi, les reliques sont avant tout un signe clair de la communion des saints. Prier devant les restes d’un saint établit une intimité avec lui et permet de déployer la puissance de son intercession. À l’image de vieux parents oubliés, qui reçoivent un message de leur enfant et qui y répondent avec empressement. Exemple de leur rayonnement : la Providence a voulu que le corps de sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions, ne soit pas incorruptible, permettant ainsi à ses reliques d’être vénérées aux quatre coins du monde. »

 

Un témoignage de foi adressé à chacun

Entre foi et raison, les reliques interrogent plus profondément chacun. L’abbé Morin confie : « Sur le plan personnel, les reliques m’ont fait approfondir le mystère de l’Incarnation, en donnant corps à la parole de Jean : « Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons. » (1Jn1) À l’évêché, j’ai ainsi été indirectement témoin de la manifestation d’une odeur de sainteté. Alors que j’avais manipulé la veille d’importants ossements de saint Hermentaire (patron de Draguignan) sans rien sentir de particulier, j’ai récupéré les dernières poussières d’os tôt le matin dans mon bureau ouvert sur le palier du 1er étage. Le personnel de la curie n’était pas encore arrivé à ce moment-là. Quelques minutes plus tard, sans savoir ce que j’avais fait, une personne est venue me demander si j’avais mis des huiles essentielles, car « cela embaumait les escaliers jusqu’au 4e étage ». Par cet épisode, le saint a manifesté qu’il était autant présent dans ses ossements principaux que dans ses moindres parcelles. » L’abbé Morin conclut : « Les différentes recherches scientifiques menées dans le diocèse depuis 2017  répondent aux esprits les plus cartésiens : aucune analyse n’a prouvé l’inauthenticité des reliques étudiées, les plus célèbres étant celles de Marie-Madeleine. »

 

écrit par Lætitia d’Hérouville

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