Art sacré « Il faut que ce soit beau »

© Ségolène Schuhl

La paroisse de Draguignan a récemment initié une série de vidéos sur l’art sacré. La première présente un retable en forme de triptyque, que l’on retrouve dans l’église des Minimes de la ville, peint par l’artiste Ségolène Schuhl.

Dès son plus jeune âge, Ségolène a pour passion le dessin. Elle aime les courbes fines, et tout ce qu’il y a de beau dans cet art en noir et blanc et nuances de gris. Issue d’une famille non pratiquante, ses parents la font cependant baptiser petite et recevoir la première communion. « En grandissant, je me suis éloignée peu à peu de la foi car ce feu s’était éteint en moi », confie-t-elle. Toutefois, la jeune femme se souvient « avoir reçu des grâces » durant son enfance. En effet, pour Ségolène, l’art et la foi ont toujours été liés. « Un diacre de mon école catholique m’avait donné une petite histoire des saints sous forme de bande-dessinée en noir et blanc. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus m’a profondément touchée », explique-t-elle.

La passion s’est ensuite transformée en vocation. « Aussi loin que je me souvienne, mon œil a toujours été attiré par le vrai, le beau, le juste. Étudiante aux Beaux-arts, j’ai choisi de travailler sur l’infiniment grand et l’infiniment petit. Les formes de la nature, notamment la fractale*, me passionnaient. En effet, à mes yeux, tout ce que Dieu fait est infiniment beau et ordonné, et puisqu’il est le mathématicien par excellence, j’ai par la suite senti ce besoin de faire du beau et d’utiliser les mathématiques pour y parvenir. La pratique du dessin est essentielle à mon âme mais pour créer il faut du temps, du calme et du vide. Plus tard, je suis devenue maman de quatre enfants, et l’agitation du foyer ne permettait pas au début de réunir les conditions nécessaires à la création. Dieu m’avait confiée des âmes et il était juste de m’en occuper sans réserve et de remplir pleinement ma vocation de mère. Car ma vocation est bien double : je suis mère et artiste. Ce choix de la maternité assumée a eu des conséquences douloureuses : je n’ai pas touché un crayon pendant 12 ans ! Mais je n’ai jamais cessé de demander à Dieu la grâce de lui offrir mes talents. Mes enfants sont tous à l’école maintenant, et je dispose enfin de plusieurs heures devant moi pour me retrouver. L’abbé Mathieu Bévillard m’a demandé un premier tableau pour l’église des Minimes, une peinture représentant Melchisédech. Y voyant une réponse à ma prière, j’ai accepté avec beaucoup de joie et de gratitude.

Pour le triptyque, c’était la première fois que je faisais une œuvre de cette envergure, le défi était pour moi énorme car je suis véritablement néophyte en peinture », partage Ségolène. La technique utilisée pour le retable est la peinture à l’huile car plus pérenne dans le temps, travaillée avec des glacis permettant des effets de transparences, et quelques touches de feuilles d’or. L’intérieur du triptyque est composé d’un panel de couleurs représentant la crucifixion de Jésus-Christ, avec de nombreux saints et leur ange gardien. C’est une œuvre singulière, par la présence de la Sainte Vierge Marie qui donne un baiser sur la joue de Son fils.

L’extérieur, lui, est bichrome avec des nuances de bleu et de jaune. Plus épuré et très léger, il alterne le chaud et le froid, et représente l’Annonciation.

« Les anciens peintres l’avaient compris, sous les formes, couleurs et matières prolifiques de la nature se cachent les mathématiques, et c’est de cette combinaison que résulte l’harmonie. C’est pourquoi, tout comme eux, j’essaie de travailler la plupart du temps avec ce qu’on appelle les « divines proportions », le nombre d’Or. J’aime que le regard se promène dans les détails, tout comme un chercheur promène le sien dans les merveilles microscopiques ou les phénomènes cosmiques. Une plume, les nervures d’une feuille, le ciel étoilé, Dieu nous montre sa finesse et sa délicatesse dans tout le créé, et j’y suis extrêmement sensible. En filigrane de mes œuvres sont souvent dessinées des formes géométriques qui me permettent d’élaborer et de dégager une harmonie générale de la composition, à mon sens essentielle à tout œuvre d’art », ajoute-elle.

L’art sacré, c’est aussi se donner à Dieu par la prière. « Ce qui me donne le plus de joie, est le fait de me sentir enfin centrée, à ma place de créature en faisant la volonté de Dieu et de me sentir ainsi en communion avec Lui. Je pense avoir été créée pour Lui rendre gloire en tant qu’artiste car c’est là que je me sens le plus heureuse. Et j’espère lui rendre ce bonheur avec mes oeuvres. Quand je peins, la prière que je répète est toujours « pourvu que cette peinture touche les cœurs, qu’au travers de ce que je fais, les gens soient touchés par Dieu » », confie humblement Ségolène.

* Les fractales sont des structures géométriques répétitives à l’infini, dont chaque partie est une copie réduite du tout. Cette caractéristique les rend idéales pour représenter des phénomènes naturels où des motifs similaires se répètent à différentes échelles (source Adobe).

> Découvrez la vidéo du tryptique de Ségolène Schuhl :

Publié le 10.02.2026.

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