Homélie à l’occasion de la rentrée du Séminaire de La Castille
Jeudi 10 septembre 2026
Rentrée – Séminaire de La Castille
Chers frères, séminaristes et formateurs,
Frères et sœurs,
Pour l’évêque, c’est la rentrée tous les jours : avec le conseiller épiscopal, l’officialité, la Curie diocésaine, l’enseignement catholique, aujourd’hui le séminaire de La Castille, et la semaine prochaine le séminaire Redemptoris Mater. Une rentrée importante ici marquée par la réouverture de la Propédeutique, l’affiliation en cours avec l’université catholique de Lyon, et la promulgation du Projet de formation intégrale (PFI).
Mais aussi une rentrée marquée par le voyage apostolique du Saint-Père Léon XIV « « Pour que le monde ait la vie ». Il y aura du monde, beaucoup de monde, et vous y serez. Vous reviendrez heureux, radieux, j’en suis sûr. C’est un grand moment spirituel et missionnaire pour les catholiques de France et pour la France tout entière.
Ce qui est premier, pourtant, ce sont les exhortations que le Seigneur lui-même nous donne dans l’Évangile : l’amour des ennemis, le refus de la vengeance, le don de soi, la gratuité, la miséricorde. Pour une rentrée, ce sont des repères précieux et lumineux. Il s’agit de créer ensemble le climat du séminaire et de la propédeutique. S’il y a les caprices de la météo, le réchauffement climatique et tous les désordres induits, il y a surtout le climat de la Castille, dont nous sommes tous les artisans : évêque, supérieur, formateurs et enseignants, séminaristes et propédeutes, personnel de la Fondation, curés de paroisse. Le climat de la vie fraternelle, le climat de travail, celui de la prière, les apprentissages pastoraux,… tout contribue à faire – comme l’indique le projet de formation intégrale – de notre séminaire diocésain, un lieu favorable à la progression de chacun dans sa réponse au Seigneur, un lieu de communion avec toute l’Église, un lieu d’ouverture et de dialogue, un lieu de prière et de mission.
J’ai retenu 3 points que je vous laisse en ce jour de rentrée, en les illustrant chacun par quelques mots du pape dans son discours à des séminaristes italiens le 3 septembre à Rome.
1/ La relation à Dieu. C’est la priorité. Le Seigneur nous appelle. Nous voulons lui répondre. Cette relation mystérieuse, intérieure, riche, parfois rude comme le désert, parfois fluide comme le torrent, se construit, se consolide au séminaire : apprentissage et pratique quotidienne de l’oraison, prière de l’Office divin (la liturgie des heures), lectio divina, messe, adoration. Ce qui est vécu en communauté et ce qui s’inscrit dans le cadre personnel. Sans oublier le dialogue régulier avec le père spirituel pour évaluer et discerner. Je cite le pape Léon XIV : « Je souhaite mettre en lumière un aspect de votre parcours de formation : celui de votre relation avec celui qui vous a appelés. Les études, la discipline et les étapes de votre cheminement sont des éléments importants à garder à l’esprit, mais ils n’ont de sens que s’ils s’enracinent dans votre relation avec Dieu. Le cœur de l’expérience du séminaire réside entièrement ici : apprendre à demeurer auprès du Maître, le Seigneur Jésus ».
2/ La persévérance dans le travail. La perspective du ministère de prêtre exige ce travail. Non seulement pour assimiler tout le corpus doctrinal, le contenu de la foi chrétienne, la richesse de la Parole de Dieu, l’intelligence spirituelle de la Liturgie, l’histoire de l’Église, le droit canonique… mais aussi pour acquérir la capacité de réfléchir, de dialoguer, de réfuter, d’enseigner, de prêcher. Non pas comme des savants orgueilleux, mais avec un amour constructif (cf 1 Co), sans idolâtrer rien ni quiconque, et surtout pas soi-même, mais toujours dans la fidélité au Seigneur. Encore une parole du pape : « Le temps passé au séminaire reste nécessaire aujourd’hui comme hier. Dans un monde qui est pressé et qui regarde avec méfiance toute pause prolongée, on pourrait penser que c’est un luxe ou une institution dépassée, mais il n’en est rien. Précisément parce que notre époque est rapide et bruyante, il est besoin d’un lieu et d’une saison de la vie où l’on apprend à se tenir immobile, à discerner et à se laisser former sans prendre de raccourcis. Le séminaire n’est pas un report de la mission mais une condition préalable à celle-ci. N’en sous-estimons pas l’importance ».
3/ L’unité de vie. J’ai appris cela aux Routiers, comme le bienheureux Joël Anglès d’Auriac, mon frère routier dans le Ciel et saint patron de notre propédeutique. Pas de fossé ni d’écart entre ce que je suis vraiment et ce que je montre de moi, entre ce que je dis et ce que je fais. Pas de déguisement, pas d’habit mensonger, pas d’artifice. Sortons du rêve ou de l’illusion. Soyons dans le réel de la vie. Le prêtre n’est pas un acteur, un fonctionnaire du culte, une marionnette ou un beau parleur. Cette unité de vie se construit dans l’unité de la communauté du séminaire et dans l’unité de l’Église. Pas d’agent double. Je cite le pape : « Aucun pasteur n’existe seul, aucun séminariste ne peut non plus concevoir un cheminement privé avec le Seigneur. Il doit toujours ressentir et expérimenter la beauté de la médiation ecclésiale. Le séminaire, donc, avant même d’être un lieu où l’on acquiert des connaissances, doit être un terrain d’entraînement pour aider le séminariste à prendre soin de son propre cœur. Et je vous demande, chers formateurs, d’être les premiers maîtres de ce soin et de cette fraternité qui se manifestent dans des relations authentiques, personnelles et communautaires construites sur la vérité et la charité.
Chers amis, le climat du séminaire sera celui-là, grâce à vous et avec vous. Nous accueillons cette année 3 propédeutes, d’autres viendront l’an prochain. Nous demandons l’intercession du Bx Joël Anglès d’Auriac. 10 prêtres ont été ordonnés en juin, et 4 le seront le 31 octobre pour la Société des missionnaires de la miséricorde divine. Le séminaire est une famille vivante qui accueille, qui éduque et fait prendre son envol vers la Mission. Avec le pape XIV, tournons-nous vers la Bienheureuse Vierge Marie, sainte patronne de la maison, elle qui nous apprend à devenir des prêtres selon le cœur de Dieu, des pasteurs à l’image du Bon Pasteur dont le Cœur rayonne et déborde de charité. Je termine avec une parole de Léon XIV : « Vous serez donc appelés à descendre de la montagne, à être envoyés vers les gens de vos terres : vers ces familles qui peinent à joindre les deux bouts, vers ces jeunes qui, à 20 ans, font leurs valises en quête d’un travail, vers les personnes âgées seules, vers les marginalisés et vers ceux qui ont perdu le sens de la vie. Le prêtre est envoyé à tous afin d’annoncer à chacun la beauté de la foi en Jésus Christ, la Bonne Nouvelle de notre salut. C’est le salut qui nous a été donné par Marie. Confiez-vous à elle comme à celle qui fut la première à faire ce qui vous est maintenant demandé. Demandez à Marie la grâce d’apprendre à dire votre « oui » au Seigneur Jésus chaque jour. Amen.
Publié le 15.09.2026.